dans la chambre des garçons

installation vivante de 12 cabines audio-photomatons
virilité, intimité & fête foraine
création en cours (2024)

 

texte • interviewé·e·s & yohan bret
mise en scène • yohan bret
création sonore • aurélien caillaux
création photographique • raphaël lucas
scénographie & construction • yoan richard
interprétation • en cours de distribution

résumé

depuis 2016 la compagnie l’an 01 tourne le spectacle x, y et moi ? sur l’égalité femmes-hommes et le genre sous la forme d’une fausse conférence en salle de classe, de réunion, etc. il s’agit de théâtre invisible. après 200 représentations en milieu scolaire, professionnel et institutionnel, nous sommes toujours aussi surpris-e-s de constater que les garçons ne prennent presque jamais la parole sur ces questions là lors des débats post-représentation. et quand ils la prennent, c’est pour parler des filles, jamais d’eux.

d’où le désir de mener une nouvelle enquête dans le but d’écrire un spectacle sur le sujet de la virilité, de la masculinité et des ses représentations, jeux et enjeux.

point de départ : dans le noir les hommes pleurent de sikou niakate.

yohan bret parcourt donc depuis quelques temps de manière sauvage avec son dictaphone et un appareil-photo instantané des hommes en tête à tête à travers différents entretiens et rencontres individuelles pour dialoguer, échanger avec eux et questionner leurs virilités, la leur et la sienne. ainsi que quelques femmes. toutes ces personnes, il les choisit pour leur diversité, leur apparence et leur complicité à jouer ce jeu avec lui.

depuis 2017 et les # metoo, balancetonporc, les paroles féminines se sont multipliées, décomplexées et diffusées. nous nous demandons s’il serait possible de faire de même côté homme. pouvons-nous nous autoriser à parler de nous ? de nos conditions pour rester dans la bataille, tenir, avoir l’air, faire semblant, jouer l’homme fort et vaillant même quand ça ne va plus ? pouvons-nous arrêter de nous censurer, renfermer, retenir, cacher ?

des premiers entretiens, quelques phrases fortes : « avec les potes, il y a une frontière à ne jamais franchir de ce qu’on peut dire. la seule fois où je l’ai vu franchie c’était en soirée sous alcool et pendant 5 minutes. le reste du temps on ne parle pas de ces choses là » ou « parler de mes émotions, de mes sentiments ? je peux oui mais qu’à ma mère. mon père je lui parle jamais de ce que je ressens. d’ailleurs je l’ai jamais vu pleurer mon père… ».

le format envisagé serait le suivant : des cabines, sorte d’audio-photomatons dans lesquelles seraient exposés corps ou vêtements-objets que nous, public, pourrions écouter. ces corps, vêtements, objets auraient un lien avec les virilités rencontrées. une déambulation au pays des statues de la virilité. allant d’un corps à l’autre comme lors de l’enquête, nous pourrions au casque écouter ces hommes « malgré eux » grâce à des enregistrements et créations sonores préalablement réalisées. de même, les photographies (ou l’installation vidéo, raphaël se pose encore la question), dévoileraient des facettes de ces hommes « malgré eux ». dans ce malgré il y a cette question de l’autorisation publique, qu’être un homme nous empêche de pouvoir faire ou dire en public. comme des statues craquelées, fissurées, qui se raconteraient par l’intérieur. certaines cabines seraient aussi ouvertes pour y entrer et interagir avec des dispositifs, jouer sa virilité, s’enregistrer ou laisser une trace. ces apports pourraient ensuite donner lieu à de nouvelles cabines.

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enquête & éléments de la cabine 0